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Module 105 - Le cinéma français: Audio automatically transcribed by Sonix

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Salut, chers amis ! Bienvenue dans ce module 105 sur le cinéma français. C'est un plaisir de t'accueillir aujourd'hui dans ce module culturel. Donc, on t'a préparé plein de choses. Tu sais que le cinéma, c'est une véritable culture en France : la France et ses revues, la France et ses librairies, la France et ses cinéclubs. Il y a même un festival, le Festival de Cannes, que tu connais probablement, qui célèbre le cinéma. Donc, le cinéma, ça a toujours été quelque chose de très important en France. Les médias lui consacrent beaucoup de places, le public aussi. Dans les discussions de famille, dans les discussions en amis, on parle beaucoup cinéma. Et comme c'est le cas pour les écrivains, les réalisateurs, on les considère comme étant des auteurs. Vraiment, ce sont des gens qu'on a tendance à admirer ou qui ont beaucoup de reconnaissance auprès du public français. On ne pourra d'ailleurs pas parler du cinéma français sans parler des grands réalisateurs ou des grandes réalisatrices comme Jean Renoir, comme François Truffaut ou Agnès Varda.

Alors, ce que nous allons essayer de voir ensemble dans ce module, c'est comment est né le cinéma français et comment le cinéma français a contribué au développement du septième art. C'est comme ça qu'on appelle le cinéma dans le monde. Donc, dans ce module, on va avoir une partie un peu histoire et grand courant du cinéma français. Ensuite, on parlera de quelques acteurs et réalisateurs connus de l'époque et on te donnera aussi le contexte historique.

Au niveau de la structure, alors ça va venir, ça va se faire automatiquement sans que tu le voies ou sans que je le cite à chaque fois, mais on va découper en fait en huit parties. On va commencer par l'apparition du cinéma, qui était muet. Le cinéma muet, c'est du cinéma où il n'y avait que les images. Ensuite, le cinéma parlant, donc, la première fois où on a commencé à parler, et l'âge classique, le cinéma d'après-guerre, ce qu'on a appelé la nouvelle vague, le cinéma des années 70, le cinéma des années 80, le cinéma business, 90-2000, et le cinéma d'aujourd'hui. Donc, on va te donner une vue d'ensemble un petit peu de tout ce que la France a pu apporter en ce qui concerne le cinéma.

Et on commence par le temps du muet, qui a commencé en 1895, fin 1895, puisque c'est le 28 décembre 1895 qu'a eu lieu la première projection cinématographique publique et payante par les frères Lumière. C'était dans un sous-sol, le sous-sol du Grand Café, boulevard des Capucines à Paris. Et ça marque vraiment le début du cinéma spectacle populaire de masse, c'est-à-dire c'est pas une personne qui regarde une œuvre, c'est plusieurs personnes ensemble.

Donc, ce jour-là, ils ont projeté 10 films, qu'ils ont plutôt appelés des « vues » parce que, tu vas voir, c'était pas vraiment des films comme on l'entend aujourd'hui. Donc, on projette 10 vues, qu'on appelle aussi des films, avec des images en noir et blanc, bien sûr, la couleur n'existait pas dans le cinéma. Il n'y avait pas de son, donc, c'était du cinéma muet. Les personnages ne parlaient pas, mais ils bougeaient. C'est ce qu'on a appelé le cinéma muet. Et les vues duraient moins d'une minute. Donc, tu vois, c'est quelque chose d'assez court par rapport à ce qu'on a l'habitude de voir aujourd'hui. Et le premier film de l'histoire, du coup, ça a été La Sortie de l'usine Lumière à Lyon, où on voit des travailleurs sortir d'une usine. Donc, ça, c'était vraiment les débuts. Louis Lumière, ça a été le premier cinéaste du réel. Et les frères Lumière ont fait des tournées finalement dans toutes les grandes villes du monde.

Le 15 mai 1902, donc, un petit peu plus tard, quelques années après, on a eu Le voyage dans la Lune de Georges Méliès, qui a été le premier film à succès. C'était pas seulement quelque chose qu'on projetait pour divertir les gens à un moment donné, ça a été vraiment un film à succès, avec 14 minutes de narration, avec une histoire, des acteurs. Il y avait des trucages, il y avait des montages, il y avait des systèmes de carton. Parce que, encore une fois, contrairement à aujourd'hui où on peut utiliser les mots, la parole, pour donner du rythme à un film, à cette époque, eh bien comme c'était muet, il fallait donner de l'action, attirer l'attention du spectateur via des effets.

La Première Guerre mondiale va arriver et, bien sûr, le cinéma ou l'industrie du cinéma va être en pause. Ça va aussi être la fin de la suprématie du cinéma français, parce qu'on l'a vu, ça a commencé grâce aux Français, mais ce sont les films américains qui vont envahir les écrans français.

Dans les années 20, donc, après la Première Guerre mondiale, on va avoir le mouvement impressionniste. Ici, on a recherché... on en a parlé un petit peu dans le module sur les artistes français, mais on a recherché l'esthétique ici, donc, faire des belles choses, l'esthétique cinématographique, ça veut dire encore une fois rendre les images les plus belles possibles. Donc, il y a même eu une école impressionniste qui a été créée par Marcel L'Herbier, qui va s'opposer à l'expressionnisme allemand. Le cinéma sert à exprimer l'âme humaine, donc, vraiment ce qu'on a dans notre tête, nos émotions, ses rêves, ses pensées, etc. Donc, on va beaucoup parler de valeur héroïque. Les héros vont être représentés. On va voir des grands destins, on va voir le côté épique, où on a des héros à qui il arrive plein de choses et qu'on va essayer de suivre.

Donc, on a Abel Gance avec J'accuse, on a aussi Jean Epstein ou Epstein, je sais pas trop comment on prononce, avec Cœur fidèle, René Clair avec Entr'acte. Donc, le cinéma va s'imposer comme étant un art. Je te parlais tout à l'heure du septième art, eh bien c'est à ce moment-là qu'on a commencé à dire que le cinéma était un art comme pourrait être le dessin, la peinture, la sculpture, etc.

Un peu plus tard, à partir des années 30, l'an 30 à 45, on a ce qu'on a appelé l'âge classique avec la naissance du cinéma parlant. Le premier film parlant, il est arrivé en 1927. C'était The jazz singer, donc, Le chanteur de jazz, par Alan Crosland. Je t'ai dit, les Américains ont pris le pas sur les Français après la Première Guerre mondiale. Et donc, ce film, qui est le premier film parlant, va sortir à New York. Et c'est progressivement en fait la fin du cinéma muet, parce que beaucoup d'acteurs n'arrivent pas à s'adapter. Eux, ils étaient là pour faire du cinéma muet et ça demande des compétences différentes de celles dont on a besoin pour faire du cinéma parlant.

Donc, de nombreux acteurs vont avoir une carrière qui décline. Ils vont faire plein de gestes en parlant, alors que ce n'est pas nécessaire. On va rechercher des gens qui ont un jeu un peu plus naturel. La voix de l'acteur qui n'était pas important avant va le devenir. Donc, le physique est important, mais la voix de l'acteur va devenir importante. Et tu as probablement vu le film The Artist en 2011, qui reprend cette période difficile pour les acteurs du cinéma muet en fait. The Artist avec Jean Dujardin. Je crois que Jean Dujardin a eu un Oscar pour ce film, Oscar du meilleur acteur, parce que justement il a raconté un petit peu ou le film racontait cette période difficile.

On arrive ensuite paradoxalement à l'âge d'or du cinéma français, donc, vraiment une période pendant laquelle le cinéma français va énormément se développer et avoir un grand succès grâce au réalisme poétique. Donc, c'est un nouveau courant du cinéma. Il y a en fait un côté expression de la noirceur de la vie. Donc, on va essayer, comme l'a fait Émile Zola dans ses livres par exemple, de montrer à quel point il est difficile de vivre dans les milieux populaires par un côté noir, avec des détails très précis qui peuvent éveiller de la pitié chez ceux qui regardent. Donc, ça nous montre un petit peu ce monde-là. On a plein de personnages tragiques qui sont suivis par la fatalité et on a l'impression que, quelles que soient leurs actions, ils ne pourront jamais sortir de ces mondes noirs et négatifs.

Et c'est à ce moment-là où on va commencer à construire des décors. On va reconstruire des lieux avec des grands terrains vagues, des ruelles sombres, des quais de gare, des zones un peu sinistrées. Donc, c'est le début en fait du cinéma de studio, où on n'est plus on est en train de filmer dans une petite pièce, mais on a besoin de grands studios avec des très grands décors et avec beaucoup de mises en scène.

À cette époque, on a eu des beaux dialogues et des répliques cultes qu'on entend encore aujourd'hui en France avec, par exemple, le « t'as de beaux yeux, tu sais » dans Le quai des brumes écrit par Jacques Prévert. Donc, c'était une réplique et, encore aujourd'hui, on a tendance à dire « t'as de beaux yeux, tu sais » pour essayer de charmer même si bien sûr c'est plutôt utilisé d'une façon amusante aujourd'hui. Mais c'est encore quelque chose qu'on utilise dans le langage courant en France.

L'acteur vedette de cette époque, c'est le très célèbre Jean Gabin, le antihéros par excellence, donc, quelqu'un à qui il arrive des choses plutôt négatives, qui représente souvent un prolétaire, donc, quelqu'un qui travaille, qui est pauvre, et il meurt dans presque tous ses films. Donc, il représente vraiment ce côté noir, dureté de la vie, etc.

Au niveau des réalisateurs célèbres, on a Marcel Carné avec Le quai des brumes, Jean Renoir, La règle du jeu, et Marcel Pagnol. Alors, lui, c'est pas du réalisme poétique comme on a pu le voir, mais il est connu pour son humour méridional et pour la mise en scène des paysages marseillais, etc.

En 1939, le Festival de Cannes va être créé et c'est ici une action politique. On a cherché à faire concurrence au carnaval ou au Festival de Venise. C'est un lapsus hein. C'est pas le carnaval de Venise, mais le Festival de Venise, qui était en fait créé sous le gouvernement de Mussolini. Donc, il y avait une action politique et on a voulu faire en sorte de concurrencer le Festival de Venise avec le Festival de Cannes.

Donc, encore une fois, pendant la guerre, on n'a pas eu le même développement du cinéma, que ce soit en France ou dans le reste du monde. Mais l'après-guerre, 1946-1958, a donné naissance à une révolution culturelle énorme avec ce qu'on appelait « la cinéphilie ». Quand tu rajoutes « -phile » à la fin d'un mot, ça montre que t'as une passion. Un cinéphile, c'est quelqu'un qui aime le cinéma ; un francophile aime la France. Dès que tu rajoutes « -phile » en fait, tu peux montrer que la personne aime ça.

Donc, on a commencé à avoir des clubs d'amateurs où on a projeté des films, où on a étudié le cinéma. Donc, le cinéma, c'est devenu un peu plus qu'un art, c'était presqu'une... ce serait exagéré de dire « une science », mais c'est devenu quelque chose d'étudié, quelque chose qu'on partageait. On a créé les premiers cinéclubs, on a eu des magazines sur le cinéma qui ont commencé à sortir, parce que le cinéma est devenu vraiment une passion, les Cahiers du cinéma notamment qui critiquaient les films hein. Et critique, ici, c'est pas toujours dans le sens négatif. Une critique, c'est une opinion sur un film, un avis sur un film. On a eu cet excès d'intérêt ou cet afflux d'intérêt avec des journaux qui sont arrivés, etc.

Et ensuite, on a eu une phase pendant laquelle on a eu l'impression que le cinéma vieillissait quelque peu, que ça manquait de renouveau, que c'était toujours les mêmes réalisateurs, les mêmes histoires, les mêmes formes cinématographiques. Donc, il n'y avait plus vraiment d'innovation. Et on a appelé ça « le classicisme » aussi appelé « qualité française ». Mais ici, c'était vraiment péjoratif, négatif. On disait ça pour se moquer et pour dire que quelque chose qui était très très bien c'est devenu ennuyeux parce qu'on n'a pas renouvelé, on n'a pas cherché à développer les choses. Donc, c'était la qualité française.

Mais parmi ça, ce qui avait eu pas mal de succès avant, c'était les polars, les films avec la cape et l'épée, donc, où il y avait des défis, des duels, les comédies, le fantastique et, bien sûr, les adaptations d'œuvres littéraires. Mais comme tu l'as compris, on a eu cette phase un petit peu descendante où on avait besoin d'un grand renouveau et c'est ce qu'a apporté la nouvelle vague dans les années 60.

La nouvelle vague, tu sais qu'une vague dans la mer, c'est ce qui arrive hein. Quand l'eau arrive, les vagues montent et font du bruit et tombent. Ça, ce sont les vagues dans la mer. Et quand on parle d'une vague, eh bien c'est quand beaucoup de choses arrivent en même temps. Et là, en l'occurrence, ça a été une arrivée massive de nouveaux réalisateurs.

Ce qui est amusant, c'est qu'au départ, ces réalisateurs, beaucoup d'entre eux étaient critiques dans la rédaction des Cahiers du cinéma. C'est des gens qui étaient cinéphiles et ils adoraient le cinéma, anticonformistes, qui veut dire ils ne voulaient pas voir tout le temps la même chose. Et ils critiquaient le fait que les réalisateurs français proposaient toujours le même type de film, donc, ils ont voulu casser ça. Ils dénonçaient aussi le cinéma trop traditionnel où on avait toujours les mêmes histoires finalement. Et ils étaient amoureux du cinéma hollywoodien, donc, des États-Unis, qui était beaucoup plus original et beaucoup plus diversifié que ce qu'on a pu voir dans le cinéma français.

Et donc, en plus de cet afflux de nouveaux réalisateurs, on a eu une révolution technologique, l'invention de la caméra 16 millimètres, qui était à la fois légère et silencieuse, elle ne faisait pas de bruit, on a eu le magnétophone portable. Donc, on a gagné vraiment en légèreté et ça devenait de plus en plus facile de tourner des films ou en tout cas de tourner d'une façon portable. Donc, on pouvait aller plus se déplacer, faire beaucoup d'autres choses, et ça a donné la possibilité de tourner d'une nouvelle façon.

On a, à ce moment-là, donné un petit peu naissance au concept de cinéma d'auteur, c'est-à-dire que le film était écrit et réalisé par la même personne. Donc, ça permettait d'avoir le reflet de la personnalité artistique de la personne qui l'écrivait. Si, moi, j'écris un scenario et que quelqu'un le réalise, quelqu'un dit « OK, on va mettre cet acteur-là à cet endroit, etc. » c'est beaucoup plus ou c'est beaucoup moins cohérent que si la personne qui écrit réalise en même temps. Donc, ça a permis de faire des choses beaucoup plus cohérentes en fait, cette nouvelle façon de travailler.

On a commencé à filmer dans la rue. Donc, encore une fois, c'était les progrès techniques qui ont permis ça. Ça a permis d'être plus naturel, plus dynamique, plus spontané, d'improviser aussi. Quand il y avait des grosses caméras, du gros matériel, c'était difficile d'improviser. Il fallait toujours suivre le texte. Là, les petites caméras, les petits magnétophones permettaient d'improviser et de faire des choses un peu plus naturelles et authentiques. On pouvait s'exprimer comme on s'exprime dans la vie avec beaucoup plus de réalisme, beaucoup plus de dialogues, beaucoup plus d'expressions argotiques, beaucoup plus d'expressions idiomatiques. On parlait en fait comme on parle au quotidien. Et donc, ça a donné une grande liberté de mise en scène et un type de cinéma qui était complètement différent de ce qu'on avait pu faire dans le cinéma traditionnel.

Donc, tu vois, on peut, en résumé, te montrer les différences entre le cinéma traditionnel et la nouvelle vague. Donc, dans le cinéma traditionnel, on tournait en studio beaucoup ; pour la nouvelle vague, c'était plutôt en extérieur. Cinéma traditionnel, on avait des beaux décors ; cinéma de la nouvelle vague, on avait tendance à avoir des décors plutôt naturels. Les acteurs étaient très célèbres dans le cinéma traditionnel ; pour la nouvelle vague, c'était plutôt inconnu en fait. Dans le cinéma traditionnel, on avait des dialogues qui étaient sophistiqués, une façon de parler qui n'était pas naturelle ; pour la nouvelle vague, c'était plus simple, improvisé, authentique. Dans le cinéma traditionnel, on avait des gros budgets ; dans le cinéma de la nouvelle vague, des petits budgets. Les histoires étaient complexes dans le cinéma traditionnel et elles étaient beaucoup plus simples dans la nouvelle vague. Tu vois que c'était complètement différent en fait, c'était presque l'un qui s'opposait à l'autre.

Et quelques films cultes sur le sujet, tu as eu Les quatre cents coups de François Truffaut, À bout de souffle de Jean-Luc Godard ou encore Hiroshima, mon amour d'Alain Resnais. Des réalisateurs clés, Jean-Luc Godard et François Truffaut en particulier. Et si on parlait des vedettes, parce qu'on dit que les acteurs n'étaient pas connus ou moins connus, mais on a bien sûr eu des grandes vedettes du cinéma. Si je te parle d'Alain Delon, qui était un héros solitaire et ténébreux, je pense que tu as déjà entendu. Jean-Paul Belmondo, bien sûr, qui jouait un peu sur l'humour, sur la légèreté. Brigitte Bardot, une idole tout comme Catherine Deneuve dont on a parlé dans un module. Donc, tu vois, tous ces noms te sont familiers et ils sont apparus grâce à la nouvelle vague.

Quand arrivent les années 70, le cinéma est un peu en déclin. Les années 70, ça a été une décennie de crises aussi bien économiques, mais ici, le déclin du cinéma est lié à la concurrence de la télévision. On a commencé à voir à la télé des grands distributeurs de films. La chaîne Canal+ a été créée et ça a été des concurrents redoutables des salles de cinéma parce que les gens ont commencé à préférer rester chez eux pour regarder la télévision plutôt que de se déplacer dans les salles de cinéma. Ce qu'on voyait aussi, c'est que les films de la nouvelle vague n'étaient pas forcément ou pas assez divertissants pour le spectateur.

Donc, les réalisateurs, face à ces défis, la concurrence liée à la télé et le fait que les films de nouvelle vague plaisaient un peu moins, ont dû s'adapter. Ils ont fait des films plus classiques en essayant en fait de parler du quotidien pour s'adresser aux gens. Donc, on a commencé à parler des transformations du modèle familial, des crises au sein du couple tels les divorces, des problèmes sociaux du type identité culturelle, chômage, etc. et à s'attaquer à des sujets de société.

On était juste après mai 68, dont nous avons aussi parlé dans un module et que tu peux revoir si le sujet t'intéresse, c'était du cinéma qu'on dit « militant », c'est-à-dire du cinéma qui n'était pas seulement là pour divertir le public mais pour faire passer des idées. Donc, il y avait de grandes réflexions sur le modèle social qu'on voulait pour le cinéma. On avait un devoir d'information du spectateur. On se disait : « Je fais un film, je dois informer le spectateur, je dois le faire réfléchir, je dois lui montrer quelles sont les choses dans la société qui devraient être changées ». Donc, on a eu beaucoup de films sombres et pas mal de films un petit peu policiers.

Ça a été à cette époque aussi la libération des mœurs, donc, on a commencé à montrer des scènes à connotation sexuelle à l'écran. Et ça a été le début, l'apparition des premiers films érotiques et même pornographiques. C'est vraiment à cette époque que ces choses-là ont commencé.

On a eu de grands succès au niveau des comédies avec Louis de Funès dont on a parlé également dans l'académie, La folie des grandeurs, L'aile ou la cuisse, Les aventures de Rabbi Jacob, etc. Tu peux regarder le module sur Louis de Funès. Et on a eu des films cultes comme Les bronzés, Les bronzés font du ski ou Le Père Noël est une ordure, qui sont des grands grands classiques encore aujourd'hui, plus de 50 ans après, de la comédie française.

Dans les années 80, on a encore une fois eu ce décalage. Tu remarques qu'au fur et à mesure on a toujours eu ce décalage entre ce que voulait le public et ce que proposaient les réalisateurs. Et dans les années 80, on jugeait le cinéma français un peu trop intellectuel, c'est-à-dire pas forcément divertissant mais qui essayait de faire passer trop d'idées. Et c'est à cette époque qu'Hollywood s'était imposé complètement. Hollywood avait plus de budget et était plus divertissant. Donc, en 90, la part de marché des films américains, issus d'Hollywood, était de 60 % avec des films fantastiques, des films d'aventure et bien sûr de science-fiction, avec Star Wars par exemple, donc, des films vraiment qui, comme on dit en français, en mettent plein la vue, c'est-à-dire qui impressionnent quand on les regarde.

Le gouvernement français est intervenu. On perd trop de terrain face aux Américains. Et il y a eu des subventions et même des coproductions avec la télé, donc, c'est-à-dire que la France ou l'État français mettait de l'argent dans les chaînes télévision qui produisaient des films pour essayer de concurrencer les États-Unis. Donc, on a commencé à avoir des films avec des gros budgets, des super productions, tournés en anglais, avec des acteurs américains, par exemple Le Grand bleu de Luc Besson, les comédies dont on a parlé, Le Père Noël est une ordure, La vie est un long fleuve tranquille, donc, ces grandes comédies, et on a eu des succès commerciaux du type Le dernier métro ou encore La boum. Donc, on avait ces différents types de films.

On a aussi eu à ce moment des nouveaux visages. On a eu Jean Reno, Gérard Depardieu, Sophie Marceau, Isabelle Adjani, qui sont apparus et ont eu une grande carrière dans le cinéma des années 90-2000, qu'on a appelé « le cinéma business », parce que l'idée du cinéma, à ce moment-là, c'était plus de divertir comme au début, ce n'était plus de faire passer des messages comme dans les années 70, des messages sociaux, informer les gens, l'objectif c'était de rapporter de l'argent. On était en pleine phase dans laquelle le marché était compétitif, le public était très exigeant. Il y avait à la fois une concurrence entre la télévision, les DVD, internet qui commençait à arriver tout doucement, donc, le public n'allait au cinéma que si ça valait le déplacement. On ne se déplaçait pas pour un petit film, on se déplaçait vraiment pour voir un film qui en valait la peine.

Et une des conséquences de ça, ça a été l'apparition des grands complexes. En France, on a Pathé, Gaumont, UGC, des endroits où tu peux à la fois diner, aller au cinéma et ensuite jouer dans une salle de jeux, donc, on a regroupé. Et les films qui fonctionnaient le mieux, c'était bien sûr les films avec un gros budget. C'est les films qui avaient le plus d'argent qui permettaient de... qui pouvaient mieux marcher.

On a eu différents genres dominants. On a eu des adaptations comme La gloire de mon père, Le château de ma mère, de Pagnol, des films historiques tel Jeanne d'Arc, des comédies avec Les visiteurs, très bon film, Le dîner de cons, Astérix et Obélix, et des films malgré tout comme dans les années 70 qui dénonçaient les problèmes de société.

Donc, je vais t'en citer quelques-uns des succès commerciaux, des films qui ont été beaucoup vus au cinéma, parce que c'est comme ça, c'est le nombre de places payées au cinéma qui est utilisé pour juger. Donc, Les visiteurs, en 1993 ; Astérix et Obélix contre Jules César, en 99 ; Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, en 2001 ; Bienvenue chez les Ch'tis, en 2008, qui détient encore aujourd'hui le record d'entrées en France, plus de 20 millions de personnes sont allées voir Bienvenue chez les Ch'tis au cinéma. C'est énorme en fait sachant que la France compte 65-68 millions d'habitants.

Au niveau des acteurs/actrices de cette époque, Jean Dujardin dont on a parlé tout à l'heure, Dany Boon de Bienvenue chez les Ch'tis, Marion Cotillard ou encore Audrey Tautou. Et les acteurs vont essayer de plus en plus de s'exporter aux États-Unis. Marion Cotillard, Jean Dujardin sont connus aux États-Unis, alors que ce n'était pas vraiment le cas des acteurs français auparavant.

Donc, on peut dire que le cinéma français s'est relevé de la crise qui était apparue dans les années 80-90 et il a réussi son plus grand défi, semble-t-il, c'est-à-dire d'allier rentabilité financière, donc, gagner assez d'argent, et liberté artistique, c'est-à-dire faire des choses originales.

Aujourd'hui, il y a un certain nombre de facteurs qui influencent le cinéma français mais aussi le cinéma mondial. C'est la popularisation d'internet. Beaucoup de films vont être diffusés sur internet ou sur les plateformes type Netflix, etc. Disney+, Prime Video, toutes ces plateformes. La 3D, donc, le fait de pouvoir projeter des films en trois dimensions, ou la recherche de sensationnel et de sensations fortes. On recherche de plus en plus beaucoup d'actions, beaucoup de sensations, etc.

Les dernières comédies françaises qui ont bien marché, ça a été Les intouchables ou Intouchables, je crois, Mais qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? Film sympa aussi, La Famille Bélier. Et on a commencé aussi à revenir à des films biographiques comme La môme, qui parle d'Edith Piaf, Coco avant Chanel, Clodo sur Claude François, Yves Saint Laurent, etc.

On commence à avoir une émergence de réalisatrices même si, malheureusement, ce monde est toujours dominé par les hommes, mais nous avons des réalisatrices françaises qui commencent à s'imposer. Polisse de Maïwenn en 2011, La disparue de Deauville de Sophie Marceau en 2007, et La rafle de Roselyne Bosch en 2010. Au niveau des acteurs, je peux te citer Omar Sy, que tu connais probablement, Léa Seydoux, Leïla Bekhti.

Donc, voilà, c'était un aperçu très bref de l'histoire du cinéma français. On est quand même remonté loin, on est remonté au cinéma muet à la fin des années 1800. Et tu vois que le cinéma a rencontré ou a subi de multiples évolutions, transformations, aussi bien sur le plan technique que sur le plan artistique et sur le plan des idées qu'on cherchait à faire passer.

La France a été pionnière parce que c'est les frères Lumière qui ont inventé le cinéma. Et petit à petit, la France a été détrônée par le cinéma américain au fil des décennies. Dans les années 60, avec la nouvelle vague, on a eu un début de renouveau, on s'est dit : « Ah, peut-être que le cinéma français va reprendre sa première place », mais depuis les années 80, non seulement le cinéma français est concurrencé par Hollywood mais aussi par la télé et par internet. Malgré tout, le cinéma français reste un cinéma de qualité, qui rencontre un succès en France et qui inspire de nombreuses générations.

Donc, je t'invite, si tu le peux, à regarder un film en français. C'est toujours difficile de comprendre un film dans une langue étrangère. Tu peux utiliser les sous-titres bien souvent. Notamment via les plateformes que j'ai citées tout à l'heure, on peut avoir les sous-titres en français. Donc, tu regardes le film en français avec sous-titres français. Ça peut être une belle expérience, et voilà.

Je t'invite à suivre les fichiers vocabulaire et prononciation pour ce module afin de tout comprendre. Si ce sujet du cinéma t'intéresse, n'hésite pas à organiser ta réunion de membres. On a des membres qui organisent plein de réunions. Je pense actuellement à Marco, sur la musique ; Maria, sur la nutrition ; Loydon, sur le sport. Donc, on a vraiment des membres motivés qui utilisent nos ressources, nos salles Zoom, pour organiser une réunion. Donc, si tu es passionné de cinéma français, tu peux organiser ta propre réunion et faire en sorte tout simplement de venir pratiquer. Tu peux, bien sûr, utiliser toutes les autres ressources, les modules, les fiches SOS, et rejoindre les réunions Zoom avec nos tuteurs. Donc, j'aimerais bien qu'on échange sur ce sujet soit sur Facebook ou sur les groupes privés Telegram.

Je terminerai en te donnant mon film préféré. Il s'agit des Trois frères, film des Inconnus, avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus, un film un peu grossier, attention, mais très amusant.

Merci d'avoir suivi ce module 105. C'était un plaisir de t'avoir avec moi. Et je te dis à très très bientôt pour du nouveau contenu de l'Académie Français Authentique. Salut

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